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Tournée internationale de Donald Trump : les relations internationales vont de plus en plus s’entretenir sur des bases bilatérales

Conclusion de C. Galactéros :

"[…] Du “Trump candidat” au “Trump Président”, il s’est produit une déperdition importante d’autonomie et de potentiel de rupture et d’innovation. Trump candidat accusait l’Arabie saoudite de financer le terrorisme ; Trump président signe avec elle le plus gros contrat d’armement de l’histoire des Etats-Unis et en fait un partenaire majeur de la lutte antiterroriste. Trump candidat qualifiait l’OTAN “d'obsolète” ; président, il l'entraîne sans mandat onusien dans la coalition anti-Etat islamique. Trump candidat voulait nouer avec la Russie un dialogue constructif ; Trump président doit entonner le traditionnel choeur de l’anti-russisme primaire, etc...

Au delà de ces inconséquences multiples et des déceptions qu’elles entraînent, une certitude se dessine et se renforce dangereusement : la marginalisation des Nations Unies comme forum ultime et légitime de la régulation des politiques de puissance nationales. Le droit onusien n’est clairement plus considéré comme contraignant par Washington, au grand dam de Moscou et de Pékin notamment. Notre monde est entré dans une phase de renationalisation forte, lourdes de menaces pour sa stabilité et pour la crédibilité des alliances de circonstance, parfois contre nature, qui sont échafaudées sans horizon et n’expriment que le plus cynique et brutal rapport de force. Le multiculturalisme triomphe et dissout nos sociétés, mais le multilatéralisme décline. La multipolarisation elle bégaye et les relations internationales entre puissances majeures vont de plus en plus se construire et s’entretenir sur des bases bilatérales. C’est le choix de l’Amérique et sans doute aussi celui de la Chine.

A Riyad comme Bruxelles, les déclarations de Donald Trump sont d’ores et déjà d’une importance cruciale pour les années à venir. Quelles que soient les pressions qui s’exercent sur le nouveau président et nonobstant ses sautes d’humeur, son imprévisibilité et ses maladresses, on a tort de moquer ses coups de menton et de mépriser son “bon sens”; tort aussi de postuler systématiquement que ce qui est bon pour l’Amérique est bon pour l’Europe et pour la France. Plus que jamais, il devient vital pour notre pays de redéfinir à bonne échelle sa politique étrangère, celle d’une puissance libre de pensée et d’action, indépendante et autonome, même si nous devons évidemment, dans un second temps, nourrir nos alliances en Europe et notamment celle qui nous lie à notre voisin allemand."

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