Nicolas, moi je... Nicolas Sarkozy est narcissique. Il ne s'en cache pas. La récente mise à jour de sa page sur Facebook a généré moultes commentaires. En effet, depuis le 19 mai,
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Nicolas, moi je... Nicolas Sarkozy est narcissique. Il ne s'en cache pas. La récente mise à jour de sa page sur Facebook a généré moultes commentaires. En effet, depuis le 19 mai, sur SARKOFRANCE
Nicolas Sarkozy est narcissique. Il ne s'en cache pas. La récente mise à jour de sa "page" sur Facebook a généré moultes commentaires. En effet, depuis le 19 mai, sa page ne se contente plus des communiqués officiels d'Elysee.fr. Elle accueille également des "confidences personnelles". Le 22 mai, Sarkozy nous prévenait du changement : "Merci à vous de m?avoir rejoint sur cette page créée par mon équipe pour mieux répondre à votre demande d?information et de transparence."
On apprend donc qu'il vient de terminer la lecture de : "Pierre et Jean" de Maupassant et "Le Lièvre de Patagonie" de Claude Lanzmann (le 20 mai), qu'il a découvert "Les Feux de la Rampe" de Chaplin (toujours le 20 mai). Nous donnera-t-il un compte-rendu de ses soirées au spectacle, de ses séjours dorés dans de belles villas sud-américaines ou proche-orientales ?
Les commentaires de ses supporters nous plongent dans la Roumanie pre-1989. Les thuriféraires en tous genres, de tous âges se succèdent pour livrer leurs éloge au Monarque tout puissant. Allélouya ! Nicolas est "un monument et un génie de la politique Française" (Haouraji Brahim, 30 mai),"un homme d'honneur qui tient ses promesses" (Evelyne Grignon, le 26 mai), "Un président qui n'hésite pas d'aller "au charbon" quand il le faut pour soutenir ses ministres" (Franz Chambon, le 26 mai), "un vrai président" (Hendrick Johnston, le 22 mai), ou "l'Homme d'état intègre et compétant" (faute d'orthographe incluse, Jordan Taffin, le 22 mai).
Certains s'amusent. Ainsi, Roland Pradoc offre-t-il ses services de poète : "Bonjour, J'aimerai devenir poète officiel de l'UMP et obtenir une bourse pour écrire des odes au président. Je maîtrise l'alexandrin, le sonnet et le rondeau. Pour un prix modique, je suis prêt à faire l'apologie du gouvernement."
On le disait à gauche, cette gauche moderne qui pratique la discrimination positive jusque dans son école de reproduction sociale ("Sciences Po" à Paris). Le voici qui avait été désigné par Nicolas Sarkozy pour reprendre en main la réforme du lycée. Xavier Darcos, qui souhaitait simplement réduire les cours obligatoires, s'y était cassé les dents. En décembre dernier, effrayé par une flambée de tension dans la jeunesse, il avait reculé. Sarkozy lui avait demandé de remettre sa réforme à plus tard. Richard Descoings fut nommé. Il embaucha Versac, le fameux blogueur, pour couvrir d'un site Web et de videos surprises, la démarche de "terrain" du missionnaire. Depuis, on murmure qu'il pourrait devenir ministre de l'Education Nationale à la faveur du remaniement gouvernemental dans 15 jours. Le missionnaire a démenti.
Mardi 2 juin, Richard Descoing remettra son rapport au Président de la République, le «sujet phare de tous les échanges depuis le début de ma mission», a-t-il expliqué au Figaro.
Un tronc commun regroupant les enseignements de seconde avec français, maths, l'histoire, deux langues vivantes et les sciences économiques (21 heures).
6 heures d'enseignements complémentaires proposés sous forme de modules, à choisir dans quatre familles thématiques : : humanités, sciences, sciences de la société, technologies.
En héritant du dossier, le Directeur de Sciences Po, avait déclaré: "on redémarre de zéro."
Descoings revient
Richard Descoings avait axé sa réflexion autour de quatre sujets: l?orientation ; "la poursuite de la modernisation de la voie technologique" ; "le rééquilibrage des séries dans la voie générale" ; et "l?apprentissage des langues". Mardi 2 juin, Richard Descoing rendait donc ses conclusions (disponibles sur son blog "Lycée pour tous") :
Redéfinir le rôle du lycée : Descoings propose de remettre à plat les moyens et leurs affectations; en particulier : (1) favoriser l'autonomie des élèves (en revoyant "les crite?res de re?partition des moyens", en créant des "pôles de prévention" par chaque bassin scolaire; et en incitant les étudiants à assurer un accompagnement pédagogique de lycéens), (2) favoriser l'équité de l'offre de formation sur le territoire (en créant de nouveaux "internats de l'égalité des chances" ou en optimisant les transports publics); (3) renforcer les moyens des CDI et l'accueil des élèves handicapés.
Accompagner l'orientation, le missionnaire propose de mieux intégrer le monde professionnel au sein du système éducatif : création de partenariats entre les établissements d'enseignement supérieur et les lycées pour «parfaire l'information des élèves sur les filières universitaires», intégration de professionnels de l'entreprise dans l'information et l'orientation des lycéens, favoriser la découverte du monde professionnel. Il recommande également de mieux informer sur les filières, celles technologiques étant sous-évaluées, mal connues, mal comprises par rapport aux filières générales, en renforçant l'information (échange de prof, rencontres, parrainages, réorientations en cours d'année, journées d'info pour les parents, bilans de compétences, etc).
Rééquilibrer les filières, en (1) transformant la classe de seconde en véritable classe de détermination, (2) poursuivant "la rénovation des filières technologiques", (3) équilibrant les filières de la voie générale ("revaloriser la voie L", "rééquilibrage par les coefficients des e?preuves du bac")
"Rénover les enseignements" et les "modes d'évaluation" : autonomie des budgets de fonctionnement des établissements, création de postes d'enseignants "chargés de mission", dialogue sur le contenu des enseignements; mise en place de "crite?res d?e?valuation des programmes transparents et impliquant les enseignants"; développement de nouveaux apprentissages (prise de parole, rédaction de CV, débat, nouvelles techno); renforcer la pratique orale des langues étrangères, l'engagement lycéen ou... les ciné-clubs (entre autres).
"Repenser les emplois du temps et les missions de l?enseignant" : concernant les lycéens, réduction des cours magistraux (avant 15H), renforcement des cours artistiques, sportifs et des pratiques associatives (1/3 du temps scolaire à terme). Concernant les établissements, évaluation de "la qualité de vie". Sur le sujet sensible de la "rene?gociation du statut de l?enseignant", le rapport est économe, puisqu'il se contente d'une simple petite phrase en tout et pour tout: "Dans une logique autant que possible gagnant-gagnant, il s?agit de prendre en compte les e?volutions du me?tier. "
Descoings recommande
Sur le fonds, l'analyse est touffue, les préconisations également. Mais elles ressemblent davantage à une gigantesque boîte à idées, un catalogue à la Prévert, souvent très juste, mais très éloigné de la réalit gouvernementale. Richard Descoings valide partiellement la réforme initialement envisagée par Nicolas Sarkozy (réduire la "charge de travail", et donc les moyens, par la réduction des cours communs, ou l'allègement du nombre d'heures hebdomadaires en classe). Mais il argumente, en contre-partie, pour davantage d'activités extra-scolaires ou culturelles et sportives, de stages, d'information, de césures, etc. Or il omet bien sagement de parler moyens, alors que des réductions budgétaires, notamment d'effectifs, frappent l'Education Nationale. Qui seront les dindons de la farce ?
La démarche est également apparue plus claire : Descoings a rencontré; puis réfléchi et synthétisé des propositions, qu'il soumet désormais tant au gouvernement qu'aux chefs d'établissement et aux syndicats. Bizarrement, si la démarche peut paraître louable, la réaction présidentielle ne manquera pas de surprendre. Aussitôt le rapport reçu, l'Elysée publiait un communiqué indiquant que "l?objectif est une entrée en vigueur de tout ou partie de ces mesures dès la rentrée 2010".
La concertation est-elle déjà finie ?
Frédéric Lefebvre, l'immuable porte-parole de l'UMP, n'a pas écouté son patron. Il s'en fendu d'un joli communiqué, au nom de l'UMP. Il ne cherchait pas à défendre le rapport Descoings mais à fustiger la réaction négative du parti socialiste. Tout en mesure, le voici qui écrit: "Le PS, dans un réflexe pavlovien qui le caractérise, s'en prend au rapport Descoings pour la seule et unique raison qu'il a été commandé par Nicolas SARKOZY. L'envoi aux chefs d'établissement des préconisations de ce rapport pour débat par Xavier DARCOS est pourtant la bonne démarche que tous les gens qui veulent honnêtement réformer le lycée devraient saluer. "
De son côté, François Fillon a déclaré le jour même, lors d'un meeting de l'UMP à Clermont-Ferrand, qu'il se sentait "fier" d'avoir résisté au mouvement social : "C'est la première fois en réalité depuis la réforme de l'université de 1984 qu'un gouvernement est capable de résister à un mouvement social comme celui qui a perturbé l'université" . "Nous n'avons pas résisté en faisant la sourde oreille, nous avons écouté, modifié nos textes, renégocié, mais nous avons tenu bon sur l'essentiel"."Ce que nous avons fait sera jugé par l'histoire comme le moment du début de la renaissance de l'université française et je veux vous dire ce soir que je suis fier d'avoir conduit le gouvernement dans ces difficultés".
Nicolas, moi je... Nicolas Sarkozy est narcissique. Il ne s'en cache pas. La récente mise à jour de sa page sur Facebook a généré moultes commentaires. En effet, depuis le 19 mai, sur SARKOFRANCE