La reprise facilitera le budget et les réformes



Le nouveau chef de l’Etat bénéficie du retour de la croissance. Le budget 2018 en sera facilité.

C’est une chance que n’a pas eue le prédécesseur d’Emmanuel Macron : la reprise de l’économie française est bel et bien en marche. L’Insee table sur une croissance du PIB de 1,6 % cette année , la plus élevée depuis 2011. Les créations d’emplois se sont accélérées au trimestre dernier (voir ci-contre). Les entreprises investissent et la ­consommation des ménages tient le coup, même si le pouvoir d’achat ne bénéficie plus de la baisse du prix du pétrole. Pour l’Etat, les rentrées fiscales, notamment de TVA, s’annoncent bonnes.

Avec les créations d’emplois dynamiques, la progression de la masse salariale pourrait être meilleure que prévu et donc, les cotisations sociales rentreront probablement mieux qu’espéré. Voilà une bonne nouvelle pour les comptes publics. Elle est bienvenue pour le gouvernement car le budget 2018 promet d’être un exercice d’équilibrisme. Or, il s’agit du plus important du quinquennat, celui qui va définir les grandes lignes de la politique économique pour les cinq prochaines années et donc sur lequel l’opinion publique va se baser pour se faire un avis sur l’action de l’exécutif. « Le budget s’inscrira dans la volonté de réformer en profondeur notre pays », a promis la semaine dernière le Premier ministre Edouard Philippe à la tribune de l’Assemblée.

Stabiliser la dépense ­publique jusqu’en 2020

Ainsi, l’exécutif a bien l’intention de mener dès 2018 les réformes de l’ISF, du prélèvement forfaitaire unique d’environ 30 % sur le capital, et de la première tranche de l’exonération de la taxe d’habitation. Voilà pour les ménages. Les entreprises, elles, profiteront de la fin de la taxe à 3 % sur les dividendes et de la baisse promise de l’impôt sur les sociétés. Mais ces décisions auront un coût certain. Or, dans le même temps, le gouvernement souhaite réduire le déficit public de 3 % cette année à 2,7 % du PIB l’an prochain et s’engage à stabiliser la dépense publique hors inflation jusqu’en 2020. Comme l’objectif est de ramener le déficit public à 0,5 % du PIB en 2022, il faudra faire 80 milliards d’euros d’économies, soit 20 milliards d’euros de plus que ce qu’Emmanuel Macron escomptait pendant la campagne électorale.

S’il ne veut pas braquer l’opinion au moment où la réforme du Code du travail s’engage, le gouvernement va donc devoir jouer serré. D’autant que l’opinion est déjà un peu irritée par les quelques couacs et surprises de juillet. La réduction de 5 euros des allocations logement est mal passée. Il faut dire que cette problématique n’avait pas été abordée au printemps dernier. En théorie, le retour de la croissance devrait aider à faciliter les réformes et les économies en les rendant moins douloureuses pour les perdants.

Toutefois, l’opinion pourrait aussi juger que les réformes sont moins urgentes à l’heure où les créations d’emplois repartent. Dans u ne étude publiée fin juin , trois économistes de la Banque centrale européenne (BCE) ont étudié le moment où les réformes ont été entreprises dans une quarantaine de pays développés au cours des trois dernières décennies. Leur conclusion : « La mise en oeuvre de réformes est plus probable en période de récession profonde et quand le chômage est élevé ». Tout se passe comme si les peuples ne consentaient aux réformes qu’au pied du mur.

@gcalignon










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