Kevin Mayer, premier Français champion du monde du décathlon – 13/08/2017


Dans la nuit de Londres, kevin Mayer : une médaille d'or fabriquée à Montpellier./ PhotoAFP.


Dans la nuit de Londres, kevin Mayer : une médaille d’or fabriquée à Montpellier./ PhotoAFP.


À 25 ans, le Français s’est imposé samedi à Londres en approchant son record de France. C’est historique.

Kévin Mayer n’est pas tombé. Aucun disque n’a atterri sur ses pieds. Pas de javelot perdu ou de bousculade durant le 1 500 m. Comme prévu après une première journée menée tambour battant, le Français a conforté sa place de leader du décathlon, hier, à la faveur de ses disciplines de prédilection (perche, javelot, disque…).

À 25 ans, il est champion du monde, avec un total de 8 768 points. À 66 unités de son record de France seulement. L’exploit est colossal. Et d’une logique implacable.

Le nouveau statut de Mayer

Deuxième l’an passé des Jeux Olympiques de Rio de Janeiro, Mayer monte aujourd’hui sur la plus haute marche du podium laissée libre par Ashton Eaton, recordman du monde désormais à la retraite. Il était l’héritier annoncé de l’Américain. Personne n’a été en mesure de menacer son nouveau statut.

Logique, car Mayer n’arrive pas de nulle part. Depuis ses débuts, il a été sacré champion du monde dans toutes les catégories (cadets, juniors et désormais seniors).

Le zéro évité de peu à la perche

Ce succès vient aussi couronner une spécialité très française. Et effacer une anomalie. De William Motti à Romain Barras, de Christian Plaziat à Alain Blondel, les “combinards” tricolores n’avaient jamais décroché de médaille mondiale. L’erreur est réparée par le plus talentueux d’entre eux. Le plus solide nerveusement à l’évidence. La façon avec laquelle il a évité le zéro de la défaite, hier, en passant 5,10 m à la perche à son troisième essai, en dit beaucoup sur son mental.

Cette victoire récompense également le travail effectué au Creps de Montpellier, où Kévin Mayer s’entraîne depuis 2009. Elle met en lumière un outil exceptionnel et des techniciens hors pair : Jean-Yves Cochand hier ; Bertrand Valcin aujourd’hui.

Le nouveau champion du monde le répète en toutes occasions, seul, il n’existerait pas. Outre Bertrand Valcin, son entraîneur, l’Héraultais d’adoption peut s’appuyer sur Jérôme Simian, son préparateur physique, une attachée de presse et une avocate. Les parents et la famille ne sont jamais très loin. Il n’a pas caché non plus combien la présence à ses côtés de l’ancien champion d’Europe Romain Barras le conforterait dans les années à venir.

C’est tous ensemble qu’ils ont décidé de ne pas disputer de décathlon avant ces championnats du monde pour ne pas entamer le capital physique du garçon. À Londres, Kévin Mayer est apparu plus frais que jamais. À l’inverse du Canadien Warner par exemple.

Cette médaille d’or, la deuxième cette semaine pour l’équipe de France après celle de Pierre-Ambroise Bosse (800 m), rappelle enfin qu’un sportif de haut niveau n’est jamais aussi fort avec les idées claires et l’esprit détaché des soucis matériels.

Avant les JO-2016, Kévin Mayer était un athlète à la merci de son équipementier. L’argent olympique en poche, il a pu négocier un contrat longue durée (8 ans) qui lui donne une visibilité incroyable. Jusqu’en 2024, date à laquelle Paris accueillera les Jeux et où il espère terminer sa carrière.

«Je jouais ma vie à Rio, rappelait-il il y a quelques semaines en marge des championnats de France. Si je n’avais pas fait ce résultat, il y aurait eu une sacrée différence. J’ai provoqué ma chance. Aujourd’hui, je peux m’entraîner dans des conditions optimales. Je vis de ma passion.»

Le voila champion du monde. Demain, peut-être, battra-t-il le record du monde (9 045) ? Il n’est plus très loin.



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