Heurts à Charlottesville: Trump condamne les «suprémacistes blancs» – Monde


Le président des Etats-Unis Donald Trump condamne «toutes les formes de violence» y compris «bien sûr» celles des suprémacistes blancs et des néo-nazis, a indiqué dimanche un porte-parole de la Maison Blanche. La veille de violents heurts avaient éclaté entre manifestants contre la haine et des extrémistes de droite

«Le président a dit avec force hier qu’il condamnait toutes les formes de violence, d’intolérance et de haine. Cela inclut, bien sûr, les suprémacistes blancs, le KKK, les néo-nazis et tous les groupes extrémistes», a indiqué ce porte-parole, alors que le président est accusé d’indulgence vis-à-vis de l’extrême droite.

Une femme de 32 ans est morte samedi quand une voiture a foncé sur la foule de contre-manifestants venus dénoncer dans cette petite ville de Virginie la présence de groupuscules identitaires et néo-nazis, dont des membres du Ku Klux Klan (KKK). Le drame a également fait 19 blessés, venus s’ajouter aux victimes des échauffourées l’ayant précédé.

L’enquête de la police fédérale devrait rapidement établir les motivations de l’homme de 20 ans interpellé au volant de la voiture qui a percuté les militants antiracistes. Le suspect, originaire de l’Ohio, a été inculpé de meurtre, de violences volontaires ayant causé des blessures et de délit de fuite. Il devrait être présenté à un juge lundi.
A Charlottesville la journée de samedi a été encore été alourdie par la mort de deux policiers, qui se sont écrasés en hélicoptère.

Démonstration de haine

Les Américains qui attendaient de leur président une condamnation claire et forte de ces mouvements radicaux prônant la suprématie de la race blanche ont été déçus. Prenant la parole depuis le club de golf où il passe ses vacances, M. Trump s’est contenté samedi de renvoyer les deux camps dos à dos.

«Nous condamnons dans les termes les plus forts possibles cette énorme démonstration de haine, de sectarisme et de violence venant de diverses parties», a-t-il déclaré à Bedminster, dans le New Jersey.

En comparaison, la fille et conseillère du président, Ivanka Trump, a, elle, dénoncé sans ambages «le racisme, la suprématie blanche et les néo-nazis». Dans une série de tweets postés dimanche matin, elle a estimé qu’il n’y a «pas de place dans la société» américaine pour de telles idées.

Critiqué par son camp

Donald Trump a été critiqué jusque dans son propre camp républicain, à l’image sénateur de Floride Marco Rubio. Ce dernier a notamment souhaité «entendre le président décrire les événements de Charlottesville pour ce qu’ils sont, une attaque terroriste menée par des suprématistes blancs».

«Si j’étais président des Etats-Unis et que ces personnes témoignaient leur sympathie vis-à-vis de ma personne et de mon programme, cela me poserait problème», a commenté de son côté Lindsey Graham, un sénateur qui s’inscrit de plus en plus dans l’opposition interne à Donald Trump au sein de la famille républicaine.

La démocrate Hillary Clinton a critiqué son adversaire sans le nommer. «Chaque minute où nous permettons à cela de se poursuivre par un encouragement tacite ou par inaction est une honte et un danger pour nos valeurs», a-t-elle tweeté.

L’ex-président Barack Obama, dont les interventions publiques concernant l’actualité sont devenues rares, est lui sorti de sa réserve en citant Nelson Mandela: «Personne ne naît en haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, ou de ses origines, ou de sa religion».

Ambiguïté

Les critiques du milliardaire républicain ont rapidement effectué des rapprochements entre sa tiédeur après les violences de Charlottesville et l’ambiguïté qu’il cultive vis-à-vis de l’extrême droite depuis sa campagne.

Une bonne partie de la «droite alternative», ou «Alt Right», avait soutenu Donald Trump dans sa course à la Maison Blanche. Celui-ci a plusieurs fois refusé de prendre clairement ses distances avec certains de ses groupes ou de ses leaders.

Interpellé samedi par des journalistes, M. Trump a refusé de donner son avis sur ces mouvements d’extrême droite qui se disent en plein essor. (ats/nxp)

Créé: 13.08.2017, 16h40





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