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François Bayrou, Marielle de Sarnez et Bruno Le Maire accusés d’emplois fictifs

François Bayrou, le nouveau ministre de la Justice, a été chargé par Emmanuel Macron, de présenter au plus vite un projet de loi sur la moralisation de la vie publique. Une des mesures phares sera notamment l’interdiction de l’emploi par des parlementaires de membres de leurs familles, de façon à lutter contre les emplois fictifs. Un comble quand on sait que le même François Bayrou a été accusé par Corinne Lepage, ancienne députée européenne Modem, d’avoir fait rétribuer au moins une permanente de son parti par le Parlement européen, en la faisant passer pour une assistante parlementaire de Marielle de Sarnez, elle aussi membre du gouvernement d’Edouard Philippe. Mais il ne sont pas les seuls à être empêtrés dans de sombres affaires d’emplois fictifs. Bruno Le Maire, le tout nouveau ministre de l’Economie, est lui aussi accusé d’avoir embauché fictivement sa femme Pauline entre 2007 et 2013. Ca ne vous rappelle rien? On va bien voir si le Parquet national financier va être aussi prompt à enquêter sur ces trois ministres, qu’il ne l’a été pour François Fillon…

François Bayrou, Marielle de Sarnez et Bruno Le Maire accusés d'emplois fictifs
Corinne Lepage accuse François Bayrou d’avoir fait employer fictivement sa secrétaire par le Parlement européen

Le livre, intitulé « Les mains propres, plaidoyer pour une société civile » et publié en 2015, était passé relativement inaperçu. Mais la nomination de François Bayrou au ministère de la Justice et celle de Marielle de Sarnez aux Affaires européennes, lui a donné une seconde vie et on en voit des extraits fleurir sur Facebook depuis quelques jours.

C’est Corinne Lepage, ancienne députée européenne sous l’étiquette Modem de 2009 à 2014, le parti de François Bayrou, qui porte les accusations. Selon elle, François Bayrou aurait fait rétribuer au moins une permanente du parti centriste, la secrétaire particulière de François Bayrou, par le Parlement européen en la faisant embaucher fictivement comme assistante parlementaire de Marielle de Sarnez, députée européenne à l’époque et toujours numéro 2 du Modem.

François Bayrou a démenti dans un tweet : « Tout faux« . Selon lui, cette employée cumulait deux fonctions à mi-temps. La première comme secrétaire du parti et donc rétribué par ce dernier et pour l’autre mi-temps, un poste de secrétaire de Marielle de Sarnez et donc payée par Bruxelles. Avec selon lui, un travail effectif qui consistait à gérer les agendas et le courrier de l’élue.

Possible, mais la moindre des choses serait de vérifier. Et pour cela, rien de mieux qu’une enquête du Parquet national financier. On va bien voir si le PNF est aussi prompt à dégainer qu’il ne l’avait été pour François Fillon.

Rappelons que le FN fait l’objet d’une enquête sévère pour des faits très ressemblants…

Notons également que François Bayrou n’avait pas porté plainte en diffamation à l’époque contre Corinne Lepage, ce qui aurait plutôt tendance à donner du crédit à ses accusations.


François Bayrou, Marielle de Sarnez et Bruno Le Maire accusés d'emplois fictifs
La femme de Bruno Lemaire, attachée parlementaire fantôme

Autre nouveau ministre dans le viseur de la presse pour un supposé emploi fictif. Ici aussi, on ne peut s’empêcher de penser aux déboires de François Fillon… Cette fois, c’est Mediapart qui s’interroge sur l’emploi « flou » de Pauline Le Maire, rémunérée par l’Assemblée nationale entre 2007 et 2013.

D’après une enquête du site d’investigation, l’épouse du ministre de l’Economie du gouvernement d’Edouard Philippe a été rémunérée aux frais de l’Assemblée nationale six années durant, pour un poste d’assistante parlementaire à temps plein… dont il reste très peu de traces. Voire aucune !

Rémunérée entre 2.700 et 4.600 euros net selon les mois, selon Mediapart, on ne trouve malheureusement aucune trace d’un quelconque travail qu’elle aurait pu effectuer.

Pour Bruno Le Maire, qui « assume totalement« , Pauline Le Maire était en charge de son site internet. Mais « outre que celui-ci affiche des contenus et une allure plutôt basiques, outre qu’au moins une autre personne l’alimentait, il se trouve que Guy Lefrand (le successeur de Bruno Le Maire au poste de député), quand on l’interroge par téléphone, n’évoque aucune mission ‘web' », indique Mediapart.

Guy Lefrand parle lui de « communication » et d’un « travail rédactionnel« . Mais encore une fois, l’enquête de Mediapart indique que « quand on propose à Guy Lefrand de nous adresser des productions de Pauline Le Maire (rapports, communiqués, etc.), ou juste des mails illustrant leurs échanges, l’ancien député UMP balaye : ‘Je n’ai pas le temps, aujourd’hui je suis consultant [président de Stratégie santé consulting, NDLR], médecin urgentiste, candidat aux municipales, je suis de garde, hier j’ai sauvé une vie.’ Et il raccroche« .

Plus étonnante encore est cette description par Bruno Le Maire, à l’occasion d’un colloque de Femmes & Pouvoirs (une association de femmes engagées en politique), des journées de son épouse : « Je me demande comment elle fait, parce que c’est épique quand vous avez quatre enfants […]. La crèche ferme à 17h30, faut y être à 17h15, ensuite […] faut aller chercher celui qui a cinq ans à l’école […], et puis avec les deux gamins sous le bras, faut aller au Cora ou au Carrefour faire les courses […] et ensuite faut aller donner les bains. Or la vie politique demande de la disponibilité totale. Donc le vrai sujet, il est aussi là : c’est comment on améliore la vie quotidienne des femmes ?« . A aucun moment il n’évoque l’emploi d’assistante parlementaire de son épouse.

Là aussi, étonnant que le Parquet national financier n’ait pas encore ouvert une enquête… Deux poids, deux mesures?


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