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Marine Le Pen chez Whirlpool : la candidate s’énerve contre le FN, son déplacement critiqué

La campagne présidentielle a pris une nouvelle tournure mercredi 26 avril avec les déplacements de Marine Le Pen et Emmanuel Macron à Amiens à l’usine de Whirlpool. Une visite qui a fait couler beaucoup d’encre. Marine Le Pen s’en est pris à BFMTV quand les invités politiques des matinales de ce jeudi 27 avril fustigeaient son attitude. Seule Marion Maréchal- Le Pen a salué le déplacement de sa tante à Amiens.

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Emmanuel Macron, Marine Le Pen : les consignes de vote largement débattues

Emmanuel Macron et Marine Le Pen se sont qualifiés dimanche 23 avril pour le second tour de l’élection présidentielle. Depuis, la majorité des politiques a appelé à faire barrage contre le Front national et à voter contre la candidate frontiste. Mais certains n’ont pas donné clairement de consigne de vote. Un choix largement commenté dans les matinales politiques de ce mercredi 26 avril. Alors que Jean-Luc Mélenchon est vivement critiqué pour son refus d'appeler à voter contre Marine Le Pen, son porte-parole Alexis Corbière s'en est vivement pris à ses adversaires socialistes.

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Pourquoi il ne faudra pas voter Macron ni Le Pen, pour l’instant.

Premier tour prévisible, un duo Macron/Le Pen pour le second tour de la présidentielle 2017. 


Le premier à se rallier est Benoit Hamon, effondré par un score trop proche de celui de Nicolas Dupont-Aignan. Personne n'imaginait le Parti socialiste tomber à ce niveau électoral.  Puis tous les ténors de la droite suivent.

Laissons-les.

Première satisfaction,  François Fillon est défait. Le vainqueur de la primaire de droite, qualifié pour cette élection imperdable a perdu, victime des révélations sur sa cupidité. Ami sarkozyste, ne pleure pas. C'est fini.

Seconde satisfaction, la participation fut largement plus haute qu'on ne le craignait.

Évidemment, c'est la satisfaction, Macron/Le Pen, c'est mieux que le pire. La perspective d'un second tour opposant Fillon à Le Pen est évitée. Un duel Fillon/Le Pen aurait été sans moi, un vote blanc, et par conviction.

UMP et PS avaient tout misé sur un duo de second tour contre Marine Le Pen. L'épouvantail national-socialiste était donnée perdante dans tous les cas de figures. Et cette prédiction sondagière suffisait à promettre une victoire facile aux prétendants de la droite et de la gauche dits de gouvernement.

#1. Le sort en a décidé autrement. Le vainqueur désigné de la primaire de droite s'est affaissé à cause de sa cupidité enfin révélée au grand jour. "Rends l'argent".

#2. Le Parti socialiste a également disparu. Hamon a sauvé l'honneur en sortant devant Dupont-Aignan. Du côté socialiste, la trahison électorale de Hollande a provoqué l'irruption de Macron, le renoncement de Hollande puis une primaire étriquée qui a fait explosé le PS très tardivement dans la campagne.

#3. Certains ont réalisé trop tardivement que l'ancien mitterrandiste JLM n'était pas la caricature que l'élite médiatique promettait.

#4. Hamon a fait une campagne sympathique, mais ratée et impossible.

#5. Macron n'a rien dit pour convaincre à gauche. Aucun signe, rien. Le 7 mai, quel choix reste-t-il ? La peste brune ou la finance ? Osons deux commentaires. Primo, Emmanuel Macron n'a rien ouvert dans son propos pour rassembler. Il a rapidement engrangé les soutiens de Wauquiez, Copé, Fillon, Raffarin. Et Hamon.  Il manquait Sarkozy. La déclaration qui suivit d'Emmanuel Macron fut incroyablement fragile.

#6. Marine Le Pen a parlé en premier. La blonde fasciste a tenté de s'improviser gaulliste dans sa déclaration de second tour. Le ridicule n'a pas de limite.

Ne pas choisir entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron le 7 mai prochain est le choix le plus difficile qu'il nous ait été donné de faire. Répétons-le: il est évident qu'Emmanuel Macron n'est pas Marine Le Pen. Mais qui peut sérieusement penser qu'une coalition de Wauquiez à Mélenchon en passant par Hamon n'est pas la pire réponse politique à Marine Le Pen ?!? Qui peut penser qu'applaudir aux mêmes meetings que Collomb, Duflot, Pécresse et Fillon ne fait pas le jeu de Marine Le Pen ? 

Bordel, qui ?

L'union nationale de la droite furibarde anti-mariage gay aux frontières des frondeurs du Parti Socialiste contre Marine Le Pen est une erreur historique.

Projetez-vous dans les prochaines législatives.

"Votez France insoumise !" dirions-nous. "Vous avez appelé à voter Macron, le candidat du CAC40, n'est-ce pas ?" entendrions-nous. 
Sans moi.

Le choix est évidemment difficile: refuser la peste brune tout de suite, ou demain. Il semble bien que le choix se résume à planter immédiatement toute perspective de recomposition politique ou à parier qu'une opposition contre le libéralisme et le fascisme sera possible demain.

Le 7 mai, le choix n'est pas, pour l'instant, entre Macron et le FN. C'est Macron, puis le FN. 

Réveillez-vous.


Il faut terminer par cette brillante conclusion d'Aude Lancelin, une conclusion qui à elle seule mérite que nous continuions le combat pour une information libérée. Dans un billet intitulé "Macron, un putsch du CAC40", elle revient sur une fabrication et pose les bonnes questions. Et notamment celles-ci.
Comment se fait-il que dans de grandes rédactions comme « l’Obs » ou « Le Monde », on ne puisse identifier aucun titulaire de carte de presse se réclamant à visage découvert des idées de la « France Insoumise », quand tant de leurs confrères brament sans vergogne leur macronisme sur les réseaux sociaux ? N’est-il pas prodigieux que, dans des journaux se réclamant encore de la gauche, on ne puisse trouver nulle expression, sorti de l’espace dédié aux tribunes extérieures, en faveur d’un ex-sénateur mitterrandiste ne faisant somme toute rien d’autre que de se réclamer des fondamentaux historiques du socialisme ? Hélas j’en connais les raisons. Ce sont déjà celles que je donnais dans le « Monde libre ». Toutes les idées sont tolérées dans ces rédactions-là où, non sans stupéfaction, j’ai par exemple pu entendre un chef de service défendre le programme économique de François Fillon comme étant le meilleur d’entre tous début 2016. Toutes les idées, oui, sauf celles de la gauche debout contre le néolibéralisme. Toutes les idées, sauf celles aujourd’hui portées par un social-démocrate conséquent comme Jean-Luc Mélenchon, repeint par le Président de la République actuel en dictateur et en ennemi de l’Occident. Il est tout de même ironique que de telles paroles viennent justement de François Hollande, ami autoproclamé du « Monde libre » comme on appelait il y a peu ledit Occident, qui aura passé tant de temps sous son quinquennat à fréquenter les oligarques de la presse nationale pour tenter d’acheter par avance une élection, à laquelle il n’aura finalement même pas pu prétendre.

Vous avez voulu Macron, vous aurez Le Pen.

Assumez, ou taisez-vous.


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520ème semaine politique: les bons, la brute et le truand face à la sanction de l’isoloir.




Où il est question de la fin de campagne de premier tour d'une élection présidentielle au suspense inédit, du discrédit terminal de François Fillon, du danger Le Pen, des agitations publicitaires de Macron, de l'adieu de Hamon et de la placidité de Mélenchon avant l'orage final.

En toute subjectivité.


Tout est possible
Ils sont dans un mouchoir de poche, les intentions de vote sont encore fragiles. Aucun des quatre candidats n'a suffisamment rassemblé pour se dégager clairement favori. Et le cinquième, Hamon, est désormais une cause perdue.

Le candidat socialiste a fait une campagne tardive, ratée et impossible: les échecs électoraux, la fronde interne dès le début du mandat, le renoncement de Hollande en décembre puis la victoire des frondeurs à la primaire de fin janvier ont révélé combien le président Hollande n'avait plus de majorité politique réelle. Hamon en a payé l'addition. La trahison de Valls a fait le reste.

Jean-Luc Mélenchon a manqué de temps. Malgré une campagne démarrée très tôt, il a fallu attendre l'échec de la primaire socialiste pour qu'il rassemble enfin plus largement à gauche. Il a fallu que le Parti socialiste se disloque de l'intérieur après la victoire des frondeurs à la primaire, la désertion et la trahison de son aile droite, et l'affaissement de sa direction pour que certains, nombreux, rejoignent enfin le candidat de la France insoumise.

Emmanuel Macron a trouvé la campagne trop longue. Le lancement du produit Macron a pour l'instant brillamment réussi. Il faut dire que le costume est sur-mesure pour cet ancien comédien amateur et homme de réseaux. Comme toute campagne publicitaire, il faut qu'elle ait un terme rapide avant que que le consommateur ne teste trop le produit. Même s'il a dévoilé son "projeeeeeeet" très tardivement, ses réponses aux questions de plus en plus précises dévoilent la réalité d'un plan plus conservateur que l'affichage de campagne ne le prétend. Macron rassemble des effrayés et des perdus, sur un projet encore plus flou que celui de Hollande en 2012. Certains lendemains de fête seront terribles.

François Fillon a perdu son temps à cause de sa propre cupidité révélée au grand jour. Des semaines de révélations et de polémique ont dévoilé une facette indécente d'un personnage qui se drapait dans l'honneur, la rigueur et le courage pour emporter haut la main la primaire de droite en novembre dernier. Il n'en est rien. Fillon est d'une cupidité que l'on espère rare dans le monde politique - épouse salariée sur fond public pour des travaux soupçonnés fictifs; enfants étudiants salariés également sur fonds publics pour quelques multiples du SMIC, utilisation de Falcon de la République pour aller au ski au famille, cadeaux hors de prix et acceptés, missions de conseil surfacturées pour des entreprises privées au moment de son élection, etc. Les frontières éthiques de Fillon sont fragiles ou inexistantes. S'ajoute ensuite le mensonge. Car on ne compte plus combien de fois Fillon a menti pour se défendre dans cette cascade d'affaires.

Marine Le Pen, elle, a tenté de placer "l'islamisme radical" et la peur qu'il suscite au centre de la campagne, avec des propositions outrancières, débiles, contre-productives. Par une coïncidence dramatique, c'est justement en fin de campagne qu'une tentative d'attentat puis un attentat secouent le pays. Quel impact sur l'élection ? Les sondeurs sondent, mais trop tard. Les commentateurs glosent, et fatiguent. On verra dimanche.

Trop tard.

Le niveau d'indécision, et donc sans doute d'abstention, est ainsi le plus élevé que l'on ait connu dans une élection présidentielle sous la Vème République. Et c'est le signe qu'aucun candidat n'est parvenu à rassembler aussi largement que dans le passé.


Les idiots utiles du djihadisme
http://www.theprairie.fr/francois-fillon-fake-news-alimente-rumeur-dautres-attaques-paris/Quand jeudi soir, un terroriste islamiste tire sur des policiers stationnés sur les Champs Elysées, peu après 21 heures, tue l'un d'entre eux et en blesse deux autres grièvement, deux candidats profitent rapidement de l'évènement, Le Pen et Fillon. La première s'empresse de profiter de l'odeur du sang et de la tristesse dès le soir du drame, en direct sur France 2, pour accuser le gouvernement de laxisme. Le second perd son sang-froid en direct à la télévision: il annonce d'abord sans preuves qu'il y a d'autres attaques dans Paris, une information démentie par le ministère de l'intérieur. Il prévient ensuite qu'il suspend sa campagne, l'exact résultat attendu et espéré par Daech et ses fous d'Allah. Il promet enfin de recruter 10 000 policiers supplémentaires, lui qui en a supprimé 13 000 quand il était premier ministre.

Depuis lundi, la candidate de Montretout tente de multiplier les outrances pour agiter les peurs et la haine. Lundi au Zénith de Paris, elle balance cette promesse improbable bâtie sur des mensonges: "Avec moi, il n’y aurait pas eu les terroristes migrants du Bataclan, ni Merah le tueur de militaires et d’enfants juifs." On a beau lui répéter que seuls 2 terroristes sur 22 se sont faits passer pour des migrants, que Mohamed Merah était français, rien n'y fait.

Mercredi, quand est révélé que deux apprentis terroristes sont arrêtés avant de commettre un attentat contre on ne sait quel candidat, elle et ses sbires déroulent leur nouvelle salve de mesures sécuritaires aussi stupides que dangereuses. Son programme contre le terrorisme n'est pas seulement dangereux mais aussi et surtout complètement crétin. La mesure qu'elle répète et braille en cette fin de campagne - expulser tous les "Fichés S" étrangers et enfermer les autres au motif d'intelligence avec l'ennemi - est une aberration pour les services de renseignement: expulser ces gens surveillés pour comprendre, détecter, débusquer reviendrait à se priver d'une source essentielle de prévention du terrorisme. Sa seconde mesure est la fermeture des frontières, alors que celles-ci le sont déjà. La troisième est d'expulser tous les délinquants et criminels étrangers, oubliant, là encore, que le fondamentalisme islamiste et ses succursales terroristes recrutent des Français. Sa quatrième et dernière proposition, enfin, est la déchéance de nationalité pour les binationaux, une mesure ridicule, inefficace et honteuse.

Vendredi, elle déraille: "depuis dix ans, sous les gouvernements de droite et de gauche, tout a été fait pour que nous la perdions."


Fillon comme Le Pen agitent les haines, c'est toujours électoralement payant avec l'électorat fragile et/ou âgé. Mais les deux sont surtout les idiots utiles du djihadisme: entre mesures contre-productives et attitudes responsables, ils offrent tous les deux au calife de Daech l'exact résultat qu'il attendait. La violence appelle la violence. La bêtise appelle la bêtise.

Les loups solitaires de Daech veulent exciter la haine du musulman et perturber l'élection. Ces deux idiots plongent avec délectation dans le piège.


Le moment Mélenchon
Des cinq candidats principaux, deux n'ont ainsi cessé de prêcher que du sang et des larmes; d'agiter la peur de l'étranger ou de la dette; de promettre des purges au nom de l'intérêt général. Marine Le Pen a incarné sans surprise la version xénophobe assumée et irresponsable de cette campagne négative; François Fillon fut son alter-ego ultra-conservateur. Un second tour Fillon/Le Pen méritera l'abstention puis la résistance.

Les deux ont aussi été pris la main dans le sac, avec des enquêtes pour détournement de fonds publics (près de 6 millions d'euros dans le cas du FN), et d'emplois fictifs. En cette fin de campagne, Fillon a même promis de "rendre l'argent" s'il était élu le 7 mai. De qui se moque-t-on ? Marine Le Pen a au contraire réclamé davantage d'immunité - avant, pendant et après les élections (sic!), pour "ne pas perturber le moment politique".

Face à ces deux candidats négatifs, trois candidats ont développé un discours au contraire positif.

Macron a endossé le costume du libéral bon-teint, adoubé par l'éditocratie (exception faite du Figaro de Serge Dassault), les cercles économiques libéraux et les instances patronalesEt même s'il assume (mal) nombre de propositions du Sarkozy 2007, il est resté dans un registre souriant et positif, gage d'une campagne publicitaire réussie. Macron est parvenu à attirer les orphelins de Hollande et de Juppé. Il est aussi le candidat qui affiche le moins de convaincus dans ses soutiens. Macron nous promet que l'Union européenne telle qu'elle est (à ne pas confondre avec l'Europe), la précarisation digitale des travailleurs et la liberté des renards dans le poulailler seront gages d'un meilleur avenir pour le pays.


 Benoit Hamon a tenté de juguler le désarroi des militants et sympathisants de son parti par une vision d'avenir, un "corpus politique" fort, un projet pour l'avenir qui voudrait associer "modernité et social". Mais il a été trahi par les siens. L'échec de sa campagne n'est que la conséquence de l'échec d'un quinquennat. Et il n'a même pas assumé ses convergences politiques évidentes et nombreuses avec un Jean-Luc Mélenchon pourtant affranchi du Front de Gauche. Bref, il a foiré sa campagne et accéléré la pasokisation du PS. Qui le regrettera ?

Hamon aurait pu être un héros, et se désister dans les derniers jours au profit de son rival et ami désormais loin devant. Il n'en fut rien. Mélenchon a permis la victoire de Hollande en 2012, il n'était pas le seul. Hamon pourrait faire perdre Mélenchon en 2017, il restera seul.

Reste Mélenchon, donc. Le troisième devenu second, et qui mérite la première place de ce trio des candidats positifs. Le plus convaincant pour décrire un avenir écologiste, social, apaisé, bref meilleur. Le seul à détailler les conditions d'une démocratie renouvelée. Il incarne une force tranquille et authentique qui manque aux autres. Comme Hamon, il explique davantage le monde qu'il ne le fustige. Mais est-ce que cette élection fut à la hauteur d'un tel débat ?

Non.

Maintenant qu'il convainc plus largement, les attaques sont plus rudes. Une large fraction des éditocrates, appuyés par Macron, ont tenté de le dépeindre en fan gaga de Chavez (mort il y a 4 ans), ce fut ridicule et rapidement dépassé. D'autres l'ont décrit comme un soutien aveuglé de Poutine. Tout aussi ridicule. Que dire de Macron qui explique, à juste titre, qu'une solution pacifique dans le bourbier syrien passe par un dialogue avec le boucher Assad ? Mélenchon ne fait rien d'autre que de la real-politik, et pour un seul objectif, la paix. Accepter de négocier avec Poutine serait-il moins noble que de se faire soutenir par l'Arabie Saoudite, le Qatar ou l'administration Trump ? On l'a ensuite traité d'autoritaire, voire de totalitaire, alors qu'il est le seul à promettre une assemblée constituante, la VIème République et la fin du présidentialisme monarchique. Cherchez l'erreur...

Mélenchon n'a pas cédé à ces outrances. Il a maintenu ses meetings géants démultipliés par hologramme et ses vidéos pédagogiques et sans agence de communication.


Ami(e) citoyen(ne), le vote, c'est maintenant !



Et que reviennent les jours heureux.


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Le Pen, Fillon, Dupont-Aignan, Poutou : les candidats à la présidentielle se taclent

À trois jours du premier tour de l’élection présidentielle, les candidats jettent leurs dernières forces dans la bataille. Certains en profitent pour tacler leurs adversaires. Sur RTL, François Fillon n’a pas manqué de critiquer Emmanuel Macron son "principal adversaire" quand Marine Le Pen sur Europe 1 pointe du doigt le programme de Jean-Luc Mélenchon. Nicolas Dupont-Aignan et Philippe Poutou invités des matinales politiques de ce jeudi 20 avril, ont répondu aux attaques de leurs adversaires.

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519ème semaine politique: la fin, enfin, de la Vème République ? #présidentielle



Où il est question d'un premier bilan de cette élection présidentielle qui s'achève, d'un monde politique qui implose enfin sous nos yeux, des bêtises de Hamon, des outrances de Macron,et de la majorité politique de demain.

#UMPS?
Pour la première fois sous la Vème République, on sait que ce premier tour est incertain, inattendu, surprenant. Pour la première fois sous la Vème République, ils sont 4 dans un mouchoir de poche à concourir pour la qualification du second tour. Joli suspense.

Mais l'important est ailleurs, c'est la fin de la Vème République. 

Les deux partis dits de gouvernement sont mal en point. L'un est presque menacé de disparition politique, l'autre incarné par un cupide en passe de perdre une élection imperdable.

Benoit Hamon accumule les revers. Pire qu'en 2007, la hiérarchie socialiste déserte son propre candidat. Ses prétendus soutiens gouvernementaux (Michel Sapin, Patrick Kaner) lui font des baisers d'araignées. Lâché par l'aile droite de son parti, l'ex-frondeur se retrouve nu. Si Hollande est le premier président à renoncer à une campagne de réélection, Hamon est en passe de réaliser le pire score socialiste à la présidentielle depuis 1969.

C'était prévisible. Hamon n'a pas le talent de Sarkozy pour incarner une "rupture dans la continuité". Sarkozy détestait davantage Chirac que son action, l'homme que sa politique. Hamon est tout l'inverse. Il est poli. Il est respectueux. Il devait faire la synthèse improbable entre Valls et les frondeurs. Le candidat socialiste est resté tendre avec Hollande, et (mollement) critique sur son action. Incapable de faire un inventaire dans des délais aussi courts, il s'est réfugié dans des formules creuses ou quelques concepts qui auraient mérité davantage de pédagogie.

A moins de 10% dans des sondages devenus oppressants, il a désormais la défaite mauvaise. En meeting dans l'Ouest, le voici qui s'égare dans des attaques caricaturales de fin de campagne contre Mélenchon et Poutine. La real-politik que réclame Mélenchon n'est pas plus odieuse que celle qui a conduit Valls et Hollande dans les bras de quelques émirats islamistes.

La coalition "de la droite et du centre" est à peine mieux lotie. François Fillon crie toujours au complot politico-mediatico-élyséen à cause de l'avalanche de révélations concernant ses facilités familiales avec l'argent public. Cette semaine, l'avocat et ami Robert Bourgi, qui avait finalement reconnu être le généreux donateur des deux costumes à 13 000 euros pièce après la victoire de Fillon à la primaire de la droite, a lâché deux informations: primo, Fillon lui a demandé de mentir. Secundo, Fillon lui a rendu les costumes plus tard qu'il ne l'a avoué en public sur le plateau de l'Emission Politique de France 2. Le 23 mars dernier, quand Fillon réplique à Christine Angot qu'il a rendu les costumes, en fait il ment. Il ne les rend que le lendemain, et se trompe de costumes.

L'enquête sur les présumés emplois fictifs de Pénélope Fillon porte désormais jusqu'en 1982, année de la première élection de Fillon à la députation. Cela fait 35 ans que la famille profite de l'argent public.

La droite s'est choisie un champion qui s'est révélé d'une cupidité  incroyable, un Picsou qui s'est servi d'un système parlementaire mal contrôlé et trop généreux pour rémunérer femme et enfants à des niveaux de rémunération que le commun des Français ne connaîtra jamais. C'est odieux, c'est symbolique, et cela coule la droite républicaine. Ajoutez les positions du candidat des riches contre l'assurance maladie des classes moyennes, l'avortement et le temps de travail des plus pauvres, et la proximité avec marine Le Pen dans ses phobies islamophobes, et vous avez un cocktail détonnant, anachronique et ringard qui explique les difficultés du candidat et le désarroi à droite.

#JeSuisMelenchon
Mélenchon inquiète. Sa poussée sondagière fait frémir les salons. On se déchaîne. Nos éditorialistes émérites se précipitent pour lire le programme de la France insoumise, pourtant publié voici 6 mois. Réflexe Pavlovien, ces habitués du commentaire tactique se surprennent à écouter, lire, étudier Mélenchon dans le texte. Il faut rattraper le temps perdu. Contre ce candidat qui a laissé sur place son rival et ami socialiste, tous les arguments sont bons, même les plus plus odieux, surtout les plus ridicules.
"D’abord une précision. Tout au long de ses presque deux heures de discours (même pas la moitié d’un Castro, petit joueur), Mélenchon n’a pas mangé d’enfant et son élocution est restée tout à fait claire malgré le couteau entre les dents. " Les Jours, reportage sur le meeting de Mélenchon à Lille, mercredi.
Le Figaro précipite une une contre "Mélenchon,le Chavez français". Sur France info, Jean-Michel Aphatie attaque Clémentine Autain sur "l'alliance bolivarienne" dont l'Iran et la Russie seraient membres et que Mélenchon président voudrait faire adhérer la France. Patrick Cohen, sur France 5, renchérit contre Alexis Corbière. Le Monde ajoute un article sur des scientifiques qui contestent l'algorithme de YouTube qui, selon eux, favoriseraient Melenchon et Le Pen. Sur les réseaux sociaux, quelques fans de Macron et de Hamon lancent leurs attaques sur "Mélenchon, ami de Poutine". Ces

Sans rire.

En fin de semaine, Mélenchon éteint les fausses polémiques: "je n'ai jamais demandé à sortir de l'UE pour adhérer à l'ALBA. C'est grotesque." explique-t-il sur TF1. Et sur Poutine, il s'exclame devant quelques milliers de personnes en meeting: "Si j'étais russe, je ne voterai pas pour Poutine". 

Ces salves contre Mélenchon ne sont pas coordonnées, mais elles sont parallèles. Le fond est ridicule. Macron a peur. D'autres aussi. Il faut effrayer pour décourager celles et ceux, indécis et/ou sans étiquette politique, qui hésitent encore. Et faire silence sur les bombardements unilatéraux de l'administration Trump en Syrie.

D'après un sondage, encore un, Mélenchon l'emporte pour le moment chez les jeunes tandis que Fillon fait une razzia chez les plus de 70 ans. Cette élection ressemble d'abord à un conflit de générations.
"Sur les questions économiques, Jean-Luc Mélenchon séduit 29% des jeunes, devant Emmanuel Macron (28%), Marine Le Pen (21%), Benoît Hamon (7%) et François Fillon (5%)." (source)
Certains, rares, ont commencé à avancer quelques explications sur le succès de Mélenchon. Comme Macron, il s'est affranchi de certains clivages. Une gauche peut s'en attrister. Une droite ou plus largement une large part du clan Macron/Fillon continue de caricaturer Mélenchon en candidat de l'extrême de gauche. Pourtant, ces gens n'ont pas lu le programme. Ils font mine de ne pas comprendre, de ne pas entendre. Quelques exemples devraient suffire à convaincre les gens de bonne volonté: réserver l’avantage fiscal de l’assurance-vie aux fonds investis en France, relancer la consommation, refuser la mise en concurrence du transport ferroviaire, ou instaurer des taxes douanières pour les pays qui ne respectent pas les normes sociales sont-elles des mesures si outrancières ? Ou plutôt, le candidat qui ne promet pas ce minimum n'est-il pas simplement l'escalve du Marché ?


 


La majorité de demain
A l'aube du scrutin du premier tour, la France politique apparaît fracturée comme jamais, avec un gros tiers d'indécis et quatre candidats principaux qui se disputeraient l'essentiel des faveurs des plus motivés à voter. Du jamais vu sous la Vème République, ce qui laisse à penser que le pays serait prochainement ingouvernable. On peut pourtant déjà identifier des lignes de convergence sur lesquelles une majorité politique demain est possible, quelque soit le score des deux tours présidentiels.

Comme en 2002, un référendum anti-Le Pen est toujours possible. A en croire les enquêtes, seule la perspective d'un duel Fillon/Le Pen apparaît suffisamment serré pour laisser croire à une victoire mariniste (52,5% contre 47,5%). Pour le reste, la candidate du FN a toutes les chances de rassembler contre elle une fraction majoritaire contre elle. Ce serait une majorité par défaut, mais une majorité quand même.

L'affaissement des appareils UMP et PS ouvre aussi la porte à d'autres majorités, à d'autres possibilités que nous ne connaissons pas. Le projet de Jean-Luc Mélenchon d'ouvrir le chantier de la Constituante pour changer de régime est en soi porteur d'autre chose que les commentaires picrocholines sur Chavez, Poutine et les costumes de Fillon.

Enfin, il y a des majorités que nous ne voulons pas, mais qui peuvent se constituer. La campagne de Fillon, depuis la primaire et avec le soutien des sarkozystes purs et durs, a ouvert la possibilité d'une alliance bleue/brune. Ceux-là, de l'extrême droite et de la droite furibarde, convergent sur suffisamment de sujets pour mériter l'attention et la mobilisation du plus grand nombre.



Ami(e) citoyen(ne), ne te trompe pas le 23 avril.



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Marine Le Pen – La demande de levée de son immunité parlementaire : les politiques réagissent

La justice française a demandé vendredi 14 avril au Parlement européen la levée de l’immunité parlementaire de Marine Le Pen. Invitée de France Info, la candidate à l’élection présidentielle a jugé cette procédure "normale". Les autres invités des matinales politiques ont fustigé l’attitude de la présidente du Front nationale. Alexis Corbière estime que "c’est une stratégie" quand Nathalie Arthaud trouve cette demande "normale".

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Jean-Luc Mélenchon : les candidats à la présidentielle contre lui

Nouvel homme fort dans cette campagne présidentielle, Jean-Luc Mélenchon est critiqué de toutes parts. Dans les matinales politiques de jeudi 13 avril, les candidats à l’élection présidentielle tout comme les autres invités n’hésitent pas à tacler le leader de la France Insoumise. Pour Marine Le Pen, c'est un "immagrationniste absolu" quand François Asselineau le traite de "menteur" sur l'Europe.

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Jean-Luc Mélenchon au plus haut, les partisans de Benoît Hamon ripostent

Troisième homme de l’élection présidentielle, à moins de deux semaines du premier tour, Jean-Luc Mélenchon connaît une belle envolée. Une dynamique qui n’a pas du goût de tout le monde. Les socialistes et alliés de Benoît Hamon semblent décidés à ne pas se laisser faire comme en témoignent les invités politiques des matinales du mercredi 12 avril.

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518ème semaine politique: ce qu’est la bulle Macron

 

 

Où il est question de l'après-présidentielle, l'après-vote utile, l'après-choix définitif pour les 5 années à venir. 

 

L'épreuve du débat
Mardi, c'est une épreuve, un débat à 11 candidats, quelques dizaines de dizaines de secondes à peine par participant pour débattre de l'avenir du pays. Deux chaînes d'information organisent le premier débat du premier tour présidentiel, un exercice inédit qui permet d'entendre trop longuement le lunatique Jacques Cheminade aux côtés d'un élu  local, Jean Lasalle, qui annone si mal ses arguments qu'on le croit fin bourré.

Il y a quelques bons moments, résumés plus tard en quelques minutes efficaces qui n'effacent l'incroyable ennui plus de 3 heures et demi durant. Philippe Poutou remet les pieds dans le plat des affaires ("Je suis contre les politiciens corrompus. Et il y en a qui se reconnaîtront autour de la salle..."), et mouche Marine Le Pen ("Nous, quand on est convoqué par la police, nous n'avons pas d'immunité ouvrière, on y va"). L'inconnu François Asselineau abime et pousse Marine Le Pen dans ses retranchements à propos de l'Europe. Mélenchon mouche Marine Le Pen qui est contrainte de dévoiler l'hypocrisie de ses positions laïcardes ("Vous voulez mettre des symboles religieux dans nos mairies ? C’est ça votre laïcité ?")

Poutou porte un tee-shirt. Une bourgeoisie médiatique vomit aussitôt son mépris de classe sur les réseaux sociaux et audiovisuels. Joli thermomètre de l'état de délabrement de certains esprits.

Fillon en roue libre
Fillon a été surpris. Quand Poutou lui balance ses affaires de corruption et d'argent (public) facile à la figure, Fillon paraît interloqué, coincé, retranché. L'heure est grave. Fillon est troisième dans les sondages, et depuis longtemps. Après la triple mise en examen de sa femme, Fillon n'est plus que le second candidat des riches de cette campagne. Même si ses proches n'y croient plus, Fillon y croit encore. Il y aurait un "frémissement" dans les sondages, promet le Figaro.
 
Alors Fillon s'évade. Il traverse des mondes parallèles. Il prête même à Macron des projets de taxe immobilière qui n'existent pas. Lui-même nettoie discrètement son programme, sans trop l'avouer, de quelques-unes de ses promesses de primaire démagogique. Interrogé sur France Inter, il assure détenir le nom des "personnes qui ont communiqué les documents" au Canard Enchaîné: " Cette opération a été montée, je le prouverai. J’ai les dates, les jours, les personnes qui ont communiqué ces documents. Ça viendra, le moment venu, je poursuivrai tous ceux qui sont à l’origine de cette affaire." On se demande pourquoi ce "moment" n'est pas venu. N'est-il pas urgent que Fillon explique ce qu'il sait ?

Bizarrement, le candidat Fillon ne commente pas les menaces de mort reçues d'un énigmatique "Collectif d'épuration 2 J" par les journalistes et magistrats suite aux révélations de François Hollande.
A un mois d'un second tour qu'il ne connaîtra peut être jamais, François Fillon sombre parfois dans le ridicule. En meeting à Clermont-Ferrand, le voici qu'il se compare à ... Vercingétorix.
"J’apprécie d’être à quelques kilomètres d’un lieu historique, le plateau de Gergovie. Là-bas, il y a quelques siècles, un rebelle gaulois, Vercingétorix, infligea une défaite magistrale à Jules César… qui était pourtant le favori des sondages !" François Fillon, 7 avril 2017
Ne riez pas. Nicolas Sarkozy se force à réitérer son soutien en fin de semaine.


Monsieur Bricolage
Jeudi, le favori des sondages s'explique longuement sur France 2. Interrogé sur sa possible majorité, Macron avance des réponses lénifiantes et donc terrifiantes. Il "bricole" en permanence avec des bouts de ficelle empruntés à gauche et à droite. A propos des attaques chimiques en Syrie, il rejoint Mélenchon en réclamant une intervention sous l’égide de l’ONU et un dialogue avec la Russie. Il veut "sortir Bachar Al-Assad du jeu", mais "en même temps""pas au prix de l’instabilité" dans le pays. Sur le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, il veut respecter le référendum local, et "en même temps" nommer un médiateur et trancher au bout de six mois. Face à François Rufin, Macron assume son "silence sur Whirlpool", une usine d'Amiens délocalisée en Pologne, "un refus de manipuler la situation". Manipuler quelle situation ? Macron joue des mots mais la réalité est claire, il assume son impuissance. Il confond renoncement et réalisme.

Il promet que la moitié des candidats aux élections législatives seront sans expérience politique ("la société civile"); que les autres viendront de tous les horizons politiques - socialistes, de droite, du centre, écologistes, gaullistes. Bref, une véritable majorité politique prête à tout, "et en même temps" pas à grand chose. Qui a décidé du casting de ces candidats ? Emmanuel Macron et sa commission composée de quelques proches. Il y a déjà des couacs dans la désignation des "référents" d'En Marche. Les législatives promettent d'être un régal.

N'imaginez pas un parti, avec ses sections locales qui votent, désignent et propulsent. Macron choisit. Mais il s'abrite derrière une commission de proches. La monarchie présidentielle a de beaux jours devant elle. Le casting est une affaire trop sérieuse pour la laisser à quelqu'un d'autre que le leader et ses conseillers publicitaires (un ex-patron du RAID député macroniste, ça le fait, non ?).

L'après-7 mai.
Macron dégage une curieuse impression, un sentiment de vide idéologique et politique. Macron est un produit, un lancement incroyablement réussi: sans autre programme que de prolonger vers davantage de libéralisme un quinquennat raté, il est parvenu à se hisser en position éligible.

Et après ?


Au-delà des résultats, désastreux, Sarkozy a échoué à se faire réélire en 2012 à cause de sa personne. La campagne présidentielle de l'époque avait démarré très tôt comme un référendum anti-sarkozyste. Et la disqualification morale et judiciaire de Dominique Strauss-Kahn a fait le reste pour propulser, de justesse, François Hollande à l'Elysée. L'antisarkozysme était solide, avant même l'élection en 2007. Le quinquennat outrancier qui l'a suivi l'a propulsé vers les sommets.

Élu contre Sarkozy plutôt que pour se programme, Hollande s'est fracassé sur un écueil majeur, l'absence de majorité politique non pas institutionnel (il l'avait dès juin 2012), mais réel (il l'a perdu dès le printemps 2014 avec le choix de Valls à Matignon). Entre l'opposition de gauche, vers la laquelle il n'a fait aucun effort, bien au contraire, durant l'intégralité de son mandat, et l'émergence d'un solide contingent de frondeurs qui a fini par emporter la tardive primaire socialiste de janvier, le Hollandisme s'est désintégré.

Bref.

Au-delà des résultats, désastreux, Hollande a échoué à se faire réélire en 2017 à cause de son absence de majorité politique cohérente.

Observons maintenant Macron. Il est peu probable qu'il développe une haine contre sa personne aussi puissante que Sarkozy.  Macron est sympathique. Il sourit facilement, il est cordial, il est peu bravache. Il ne cherche pas à cliver. Il n'est pas Bling-bling, même s'il est totalement hors sol. Il est cultivé, même si sa culture est loin de beaucoup. Ses erreurs de communication sont touchantes. Il évite de provoquer inutilement. Il est issu d'un milieu modeste. Il a réussi à l'ENA. Son passage à la banque Rothschild n'en fait pas un aristocrate.

Macron est sympathique. Mais la question de la cohérence de sa majorité politique se pose gravement. Sociologiquement, sa base paraît étroite: "aisé, cadre, éduqué, urbain", l'électeur macroniste est symétriquement inverse de celui de Marine Le Pen. La majorité promise à Macron est  fragile quand on l'observe sociologiquement. Candidat des aisés, Macron prend la relève des deux précédents candidats des riches, Sarkozy puis Fillon, sans leur socle populiste.

Comme Hollande en 2012, Macron agrège des soutiens sur la seule et principale perspective de la victoire en mai prochain. Ajoutez que l'opposant(e) désigné(e) par les enquêtes sondagières est désormais l'héritière de l'Immonde, la "nationale-socialiste" Marine Le Pen, et vous comprenez la facilité et la fragilité de la vague. La promesse d'une victoire attire le plus grand nombre, et un nombre grandissant.

Courbes croisées
Vendredi 7 avril, un mois avant un second tour qui sera peut-être surprenant, les courbes se croisent. Non pas celles de Hamon versus Mélenchon, car Hamon a disparu. Le candidat socialiste s'approche du score historique de Gaston Deferre en 1969. Les courbes Fillon/Mélenchon se croisent. Une enquête sondagière fige Mélenchon à égalité avec Fillon. Le candidat insoumis tutoie le candidat des riches.
"Je n'ai pas changé, mais ce serait de la sottise de ne pas retenir les leçons du passé. L'idée, c'était de rassembler le peuple sur des idées qui le rendent acteur de l'Histoire. Tous ceux qui m'entendent et trouvent leur compte dans le fait qu'on va commencer un nouveau monde. Je n'ai pas envie de demander aux gens s'ils ont été toujours d'accord avec vous. On a besoin d'un grand élan qui nous porte en avant." Jean-Luc Mélenchon.
En Syrie, les forces de Bachar El-Assad lancent une attaque chimique à Khan Sheykhoun; 86 morts, dont 27 enfants. Mélenchon condamne sans détour. Mais il condamne aussi la riposte américaine unilatérale et sans discussion préalable de l'ONU. Il condamne aussi le ralliement français et allemand à cette riposte Trumpiste. Cette tragédie internationale suffit à réactiver les accusations de poutinisme à l'encontre du candidat de la France insoumise. Les soutiens de Hamon et Macron s'en donnent à coeur joie sans répondre à la seule question qui vaille: du point de vue de la France et du droit, comment parvenir à la paix et éviter l'embrasement ?

La campagne présidentielle agite les esprits et offre le moindre sujet à l'instrumentalisation facile.







Ami(e) citoyen(ne), tout est possible.


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Zap politique 7 avril – Frappes en Syrie : Hollande soutient Trump, toutes les réactions (vidéo)

Dans la nuit du jeudi 6 au vendredi 7 avril, les États-Unis ont tiré une soixantaine de missiles sur la base aérienne de Shayrat près de Homs en Syrie. Une décision unilatérale de Donald Trump. Cette frappe, qui a fait au moins 6 morts, a provoqué de nombreuses réactions parmi la classe politique française. Pour François Hollande, cette "réponse américaine doit être poursuivie au niveau international". Si Ségolène Royal déclare que cette décision "va dans le bon sens", Marine Le Pen exprime à l’inverse son étonnement.

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Le Grand Débat : Poutou, Le Pen, Fillon, leurs prestations commentées

Mardi 4 avril, le premier débat entre les onze candidats à l’élection présidentielle se tenait sur BFMTV et CNews. Ce mercredi matin, prétendants à l’Élysée, porte-paroles et politiques ont réagi sur ce débat historique. Certains ont salué la performance, d’autres se sont montrés beaucoup plus sceptiques. La prestation de Marine Le Pen n'a pas convaincu quand Philippe Poutou a su tiré son épingle du jeu.

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517ème semaine politique: la campagne présidentielle française repart dans les étoiles

Où il est question d'un tournant de campagne qui ressemble à une implosion généralisée; d'une campagne où les poissons d'avril paraissent parfois plus crédibles que la réalité.


Farwest médiatique
France 2 s'obstine. Un débat le 20 avril, quarante-huit heures avant le premier tour, avec 11 candidats, y compris Jacques Cheminade, le gars qui disparait entre chaque élection depuis 1995 et réapparait ensuite pour nous expliquer ses fantaisies complotantes. On imagine que chacun aura quelques poignées de minutes pour parler, à moins d'envisager une émission-fleuve jusqu'au petit matin.

France 2 s'obstine. Un débat le 20 avril, avec 10 candidats. Mélenchon a prévenu qu'il n'en serait pas. Macron suit. Dupont-Aignan suffoque, pour une fois qu'il participait avec les "grands" ! Puis voici le CSA lui-même qui achève l'opération, et demande à la chaîne d'annuler.

On a pu critiquer "les médias". La tournure inattendue de cette campagne présidentielle leur doit beaucoup, et les bouscule tout autant. Certains font leur boulot. Ils cherchent, trouvent et révèlent ce qui dérangent les candidats. Ils exposent les programmes. D'autres au contraire errent comme des astres morts. CNEWS qui a succédé à iTélé, vidée de ses forces vives après une grève inédite et éprouvante agonise à force de débats à rallonge qui masquent mal l'absence de moyens, des "incarnations" gérontophiles.

Cette tourmente électorale a fait une autre victime, le cercle habituel des intellectuels de profession. Ces derniers pullulent encore sur les plateaux, ils multiplient encore les tribunes sur l'avenir ou la réalité politique du pays, mais qui les écoutent ? Qui les lit ?

La gauche implose
Mercredi, Hamon est à Lille, Mélenchon au Havre.Manuel Valls, terré à Paris. L'ancien premier vient de trahir une nouvelle fois. Après avoir pousser Hollande à se retirer, il confirme son ralliement à Emmanuel Macron alors qu'il affirmait il y a moins d'un mois sa loyauté avec les règles de la primaire. C'est le baiser de l'araignée.

Macron prend mal la nouvelle. Elle le marquerait trop en héritier du quinquennat échoué. Il convoque la presse et prévient que ce soutien n'emporte aucune concession de sa part. C'est la bataille de l'après-présidentielle qui se dessine.

Le lâchage de Valls fait chuter Hamon à 11% dans les sondages. Mélenchon bondit à 15%. Un écart inédit. Pourtant, Hamon réclame encore le désistement de Mélenchon: "Je regrette qu'un certain caractère l'empêche d'être plus utile à la gauche qu il ne l'est en réalité".  On croyait rêver. Le PS s'appuie sur des sondages pour réclamer depuis des lustres l'union de la gauche et le vote utile. Voici que les courbes sondagières s'inversent gravement et les mêmes n'en tirent aucune conséquence. Quelle est l'utilité du candidat d'un PS désormais vidé de moitié, les cohortes vallsistes et autres "socio"-libéraux ayant déjà trouvé refuge dans le camp Macron ? Quelle est son utilité ? Hamon ne représente même plus une synthèse politique entre deux fractions socialistes. Il ne ratisse pas large, il ramasse les miettes.

Mélenchon ne réclame rien, il fait campagne. C'est sa dernière présidentielle, il la fait jusqu'au bout. Il parle justice sociale quand Hamon s'abime dans des considérations d'appareil.
"Il va falloir que les uns en lâche un morceau pour que les autres en aient un bout." Jean-Luc Mélenchon, 29 mars 2017
Il défend la constitutionnalisation de l’IVG (en ces temps obscurs où des Le Pen à Fillon la tentation est grande et affichée de réviser les droits des femmes à disposer de leur corps). Il dénonce ces 5 grandes banques françaises qui affichent plus de 5 milliards d'euros de bénéfice dans des paradis fiscaux, une révélation de l'ONG OXAM cette semaine. On croyait que Sarkozy nous avait moralisé la finance après la Grande Crise de 2008. "Dans le cas où je suis élu, la fête est finie. Il va falloir revenir à la maison."

Il parcourt l'Ouest - Dieppe, Evreux, le Havre. A Rennes, le "camion insoumis" est inauguré devant 10 000 personnes.


La droite se divise
Fillon, chef des armées? A Toulon, il fait prendre quelques clichés avec des vétérans. Il s'engage "à une augmentation régulière et substantielle du budget de défense afin d’atteindre l’objectif des 2 % du PIB avant la fin de la loi de programmation militaire, en 2023." 2% du PIB pour lutter "contre le terrorisme islamique" et "la poussée migratoire". Non content d'avoir des casseroles judiciaires, Fillon s'agenouille devant Trump. Où est passé l'héritage gaulliste ? L'inculpé de la Sarthe suit les pas de l'insensé de la Maison Blanche. Trump réclamait en effet il y a peu aux membres de l'OTAN d'augmenter ainsi leurs budgets militaires sous peine de retrait.

Gérard Larcher, qui confiait encore récemment son effarement devant la cupidité de Fillon, travaille au planning (anti)social du candidat s'il était élu le 7 mai prochain: suppression de la limite légale des 35 heures (et donc des surcroits automatiques de rémunérations liée aux heures supplémentaires au-delà de ce seuil); négociation de la durée hebdomadaire par entreprise (une prolongation de la loi El-Khomri); relèvement des seuils sociaux de 10 à 20 salariés et de 50 à 100 salariés dans les entreprises; plafonnement des indemnités prud'homales en cas de licenciement abusif; suppression du compte pénibilité (comme Macron); abolition du monopole syndical au premier tour des élections professionnelles. Il s'agit de "lever chez les patrons la crainte de l'embauche". Larcher utilise les mêmes formules que Hollande, Macron et Valls réunis.

Cette semaine, on a appris que Fillon n'avait pas reçu une mais deux montres pour 27 000 euros au total. Cadeau, tranquille. L'épouse Pénélope est triplement mise en examen. Deux convocations pour deux affaires d'emploi fictif. Le Parisien publie aussi un joli document, la preuve que Pénélope Fillon a cumulé deux emplois à temps complets - assistant parlementaire ET chroniqueuse littéraire à la Revue des Deux Mondes.

Imaginez que ces emplois rémunérés à temps complet soient de surcroît ... fictifs. #lol Dans la semaine, Pénélope Fillon est trois fois mise en examen. Quel couple !

La cupidité de Fillon méritera un livre. Macron ne s'y trompe pas. Il puise et abuse dans le programme du candidat de la droite furibarde. A la conférence organisée ce mardi par le MEdef, Macron et Fillon sont les plus populaires.  Qui est surpris ?

Macron plane
Un énième livre "people" sur Macron (et son amour pour Brigitte, son épouse), sort opportunément. Samedi 1er avril, Macron est à Marseille. Juste avant son meeting, il va saluer l'ancien sarkozyste et président de région Christian Estrosi qui lui exprime "son estime": "j’ai toujours eu des relations de respect, voire d’amitié" explique-t-il. Macron, ni de gauche, ni de gauche, confirme: "en effet, nous avons de l'estime réciproque, voire de l'amitié." La démarche de Macron ne doit rien au hasard. La veille, Estrosi était sifflé par des fillonistes en plein meeting. "C'est un clan aux pratiques inacceptables qui hier encore a fait siffler un représentant de la famille gaulliste" dénonce Macron.

Sur l'estrade, le nouveau favori de la présidentielle fait même du Sarkozy: "nous sommes attaqués de toutes parts". La position victimaire lui sied mal. Il promet de "sortir de la Françafrique", c'est un rituel de tous les candidats de "rupture" depuis une belle décennie. Il promet une "politique de responsabilité partagée". Soutenu par Le Drian, Collomb, Bergé, Attali, Minc et maintenant Valls, Macron s'obstine à s'afficher en "candidat du renouvellement".

Il cite IAM et son amour de l'OM.

Cela sonne faux comme un slogan publicitaire surjoué.


Plus grave encore, l'abstention reste toujours à un niveau très élevé, entre 35 et 38%. La crainte d'une France frontière, que ce régime ô combien présidentiel et centralisé puisse passer sous contrôle d'une extrême droite qui n'a changé que sa façade n'a pas l'air de troubler.

A moins que le sursaut n'intervienne que tardivement, et rebatte toutes les cartes, encore une fois.




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