Atmen Kelif: «Je veux créer ma pièce à Albi et tourner ici» – 13/08/2017



Retour aux sources le temps des vacances pour Atmen Kelif, Albigeois de 49 ans qui a fait les beaux jours des Deschiens sur Canal + avant de voler de ses propres ailes au théâtre et au cinéma. Entre deux tournages pour la série de TF1 «Demain nous appartient», il révise les prochains épisodes chez les amis quand il n’écrit pas pour la pièce de théâtre qu’il compte créer à Albi en février 2018. Entretien relax avec un jeune papa bien dans ses baskets.

Paris, New-Yok, Tokyo… Albi. Atmen Kelif affiche la couleur en lettres blanches sur son polo vert, un comble pour un homme de théâtre ! Mais cet ancien pilier des Deschiens n’est pas du genre superstitieux. Il est surtout très attaché à la ville qui l’a vu naître. Ville qu’il n’hésitait pas à citer dans ses impros avec les Deschiens sur Canal + lorsqu’il s’est fait connaître aux côtés de Yolande Moreau, François Morel et quelques autres.

Pourquoi ce besoin d’afficher vos origines albigeoises sur votre tee-shirt ?

J’ai rencontré le créateur par hasard, chez l’épicier, cette semaine. Un homme très sympathique. Je crois que son produit va travailler pour lui. Mettre en avant des villes hyperglamour et finir par sa ville de cœur, c’est une façon de dire qu’on est citoyen du monde. On peut faire le tour de la planète, on reviendra toujours où on est né.

Jolie maxime pour vous qui revendiquez votre métissage !

Oui, c’est ce qui intéressait Jérôme (1), d’ailleurs, avec les Deschiens, que je sois une personne très provenciale avec des origines plus lointaines. Cassoulet couscous quoi.

Un mélange très bien mis en scène dans «L’Invincible», le premier film que vous avez écrit et dans lequel vous jouez avec Depardieu, votre ami Edouard Baer, Virginie Efira et Daniel Prévost !

Un film sur la pétanque que j’aurais dû appeler «Les boulistes». Je travaille avec le CNC pour le rebaptiser.

Et allez-vous vous remettre à l’écriture ?

J’écris une pièce en ce moment. J’ai collaboré avec Lorànt Deutsch sur l’écriture de sketchs, mais le théâtre permet d’être plus bavard. Et moi, je suis bavard. Si la pièce marche, je passerai au cinéma.

Peut-on connaître le thème de votre pièce ?

C’est un «Père Noël est une ordure» politique. C’est tout ce que je peux dire.

Le Splendid est une source d’inspiration ?

Oui. Je suis très troupe. Et quand on fait du one man show, au bout d’un moment, on s’enlise. Le Splendid parlait des travers de la société française dans les années soixante-dix ; de la «faux-dercherie» très franchouillarde qu’on connaît tous. C’est prétexte à comédie ; il tapait sur les bons défauts. Moi, ce qui m’inspire, c’est la campagne électorale très très forte qui m’a bien marqué cette année. Il faut remettre de la bienveillance. Pauvre, ce n’est pas une maladie. Les gens doivent se rapprocher. J’ai envie de raconter ma France et mon Albi où ma mère a fait sa vie et où elle est enterrée.

Et quand est-ce que cette pièce sera terminée ?

En février 2018. Je veux isoler les comédiens trois semaines à Albi et la créer ici pour avoir l’aval du public d’ici. Il faut sortir de Paris qui est devenu anxiogène. Et si la pièce marche, le film tiré de la pièce sera tourné ici. Je veux rendre à Albi ce qu’elle m’a donné.

Vous allez avoir l’occasion de venir plus souvent avec le tournage de «Demain nous appartient» à Sète…

Exactement. Je recommence à jouer vers le 20 août. C’est un rôle qui me correspond car il est assez manuel et campagnard. Assez Pagnolesque même. L’audimat est bon et en VOD, ça marche très bien. Si TF1 décide de continuer au-delà de l’été, je reviendrai faire de gros week-ends à Albi.

Et à Albi, chez qui descendez-vous alors ?

Ma sœur a une maison ici. Et je vais aussi chez Julien Mouret, qui fait travailler des personnes en difficulté chez Rebond. C’est un pote de Sainte-Marie, quelqu’un d’important pour moi. Il me dit de suite : ça, c’est bien, ça c’est à chier.

(1) Jérôme Deschamps, le créateur des Deschiens.

Atmen Kelif, comédien et Albigeois

vos endroits préférés à albi


Son enfance à Albi

Quartier Veyrières Rochegude

«Je suis née le 1er avril 1968. J’ai été à l’école Veyrières Rochegude ; mes plus beaux souvenirs sont là. Nous avions une maison vers Lavazière, chemin de Puech-Petit. J’allais à l’école à pied et mon père venait me chercher après le travail. Il était maçon. Ma mère tenait un restaurant quai Choiseul.»

Le palais de la Berbie

«En 1977, j’ai 9 ans. Je rencontre Guy Vassal et la troupe du Théâtre populaire des Cévennes, qui s’occupe du festival d’Albi. Les comédiens viennent manger chez ma mère, le seul restaurant qui veut bien les prendre jusqu’à 2 heures du matin. Ils me trouvent mignon, me disent de venir les voir répéter. Avec eux, j’apprends mon métier au Palais de la Berbie. Ils me donnent mon premier vrai rôle en 1985, dans la Locandiera de Goldoni. J’ai 17 ans et un trac fou.»

Le bac

«J’ai été à Bellevue et à Sainte-Marie. Il a fallu que je le repasse pour l’avoir. Puis, en 1988, je monte à Paris où Jean-Claude Sachot, mon père de substitution depuis le divorce de mes parents, me met le pied à l’étrier. C’est le Cours Florent, le conservatoire. Et tout s’enchaîne.»


Le cloître Saint-Salvi

«J’ai habité place Saint-Julien à un moment. J’aime toujours autant passer au cloître Saint-Salvi. C’est un endroit très beau. Aujourd’hui, le restaurant Le Cloître est devenu le lieu de rendez-vous familial, le soir. M. Poussevigne, qui le tient, est l’ancien patron de la Tartine ; il connaissait ma mère. Tout ce coin-là, cette place magnifique, ça m’évoque des souvenirs. On faisait des cache-cache un peu plus loin, derrière la cathédrale… C’est ma madeleine à moi.»


Le Bruit en cuisine

«La plus belle terrasse d’Albi, et en plus on y mange très bien avec un rapport qualité prix défiant toute concurrence. Julien Callens, le patron, est très sympa. Mais au-delà de ça, le cadre face à cette grande Dame qu’est la cathédrale me rappelle mes années théâtre au Palais de la Berbie avec le Théâtre populaire des Cévennes.

Je déplore juste qu’il n’y ait plus le marché à la volaille en bas. Pour l’ambiance.»


Les berges du Tarn

«J’aime bien les berges du Tarn aussi, où ma mère a tenu un autre restaurant, de 1988 à 2002. C’est là qu’elle a fini sa carrière. Les berges me rappellent les feux d’artifice du 14-Juillet qui donnaient une lumière si particulière à la ville. Ils étaient tirés pas loin de chez ma mère. De là, il fallait faire un détour pour aller jouer à Pratgraussals. Ce sera plus facile quand il y aura la passerelle. On m’a dit que c’était pour le festival Pause guitare. Tout ce qui peut aider la culture, c’est bien.»



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